[Communiqué] Publication du Baromètre du pouvoir de vivre

[Communiqué de presse]

Le Pacte du pouvoir de vivre et la Fondation Jean-Jaurès publient leur premier
Baromètre du pouvoir de vivre, réalisé à partir des données statistiques disponibles et une enquête Ipsos-bva menée auprès de 12 000 personnes. Cette étude révèle une réalité préoccupante : un Français sur deux estime avoir des difficultés à vivre dignement, 35% disent ne pouvoir compter sur suffisamment de personnes en cas de coup dur, 59 % des répondants s’inquiètent du prix de l’énergie pour les prochaines années.

Au-delà du pouvoir d’achat, cette étude révèle une accumulation de fragilités
qui touche à l’alimentation, au logement, à la santé, au travail et aux solidarités. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, elle entend replacer les réalités vécues par les Français au cœur du débat public.

Des Français qui peinent à joindre les deux bouts

Si plus de 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le sentiment de fragilité économique touche une part bien plus importante de la société : un Français sur deux déclare aujourd’hui s’en sortir difficilement pour vivre correctement et dignement. Derrière ce chiffre, le baromètre met en évidence une accumulation de contraintes, de renoncements et d’inquiétudes qui affectent directement la vie quotidienne :

  • 50 % des répondants déclarent avoir renoncé, parfois ou régulièrement, à la qualité des aliments qu’ils auraient souhaité acheter au cours des six derniers mois, pour des raisons financières. 19 % ont dû renoncer, au moins ponctuellement, à certains repas;
  • 20 % des parents ont déjà renoncé à des souhaits de scolarité ou de formation pour leurs enfants, notamment pour des raisons financières ou faute d’offre adaptée à proximité;
  • 21 % des Français considèrent que leurs dépenses de logement – loyer ou
    remboursement de crédit – risquent d’impacter négativement leur niveau de vie dans les prochaines années. Une inquiétude qui concerne 42 % des locataires contre seulement 9% des propriétaires.
  • 59 % des répondants s’inquiètent du prix de l’énergie pour les prochaines années, 45% des dépenses de mobilité et 44 % de celles liées à l’alimentation.

Ces résultats dessinent les contours d’une vie sous contraintes, dans laquelle les arbitrages ne portent plus seulement sur les dépenses “accessoires”, mais touchent des besoins essentiels et les perspectives d’avenir.

Santé, travail, climat : des difficultés qui se cumulent

Le baromètre montre également que le pouvoir de vivre ne saurait se résumer au pouvoir d’achat.
Parmi les actifs travaillant depuis au moins cinq ans, 44 % estiment que leurs conditions de travail se sont dégradées sur cette période, contre seulement 11 % qui considèrent qu’elles se sont améliorées.
L’accès aux soins constitue une autre préoccupation majeure : 54 % des répondants se disent préoccupés par l’état dégradé de l’hôpital public et 51 % par les délais trop longs pour obtenir un rendez-vous médical ou un soin. À ces difficultés s’ajoutent les conséquences du changement climatique : 62 % des personnes interrogées jugent les services de santé peu adaptés à ses effets, en particulier en termes de bâti.
A hauteur du quotidien, les fragilités ne se substituent pas les unes aux autres : elles se cumulent, réduisant progressivement la capacité des personnes à vivre dignement, à choisir leur vie et à envisager sereinement leur avenir.

Une personne sur trois manque de soutien en cas de coup dur

C’est l’un des autres enseignements marquants de cette première édition du baromètre : 35% des répondants déclarent ne pas pouvoir compter sur suffisamment de personnes pour bénéficier d’une aide financière, matérielle ou morale en cas de difficulté.
Cette vulnérabilité est particulièrement forte au cœur de la vie active et touche 40 % des 35-49 ans et 42 % des 50-59 ans. Elle est également plus fréquente parmi les catégories populaires (43 % des ouvriers).
Au-delà des revenus, ces résultats soulignent combien les solidarités personnelles, familiales et collectives sont déterminantes dans la capacité à faire face aux accidents de la vie. Ils mettent également en lumière le rôle essentiel de la protection sociale, des associations et des solidarités de proximité, notamment lorsque l’entourage fait défaut.

Une société perçue comme conflictuelle, une demande de plus de sécurité et de plus d’égalité

Dans un contexte marqué par d’importants mouvements sociaux, le baromètre apporte un éclairage sur la manière dont les Français perçoivent les tensions qui traversent la société.
95 % considèrent vivre dans une société conflictuelle. Interrogés sur les principales sources de tensions, 59 % citent l’insécurité et les incivilités, 42 % les inégalités économiques et sociales et 32 % le sentiment d’injustice.
Pour construire une société plus apaisée, les répondants placent en tête la sécurité des personnes et des biens (42 %), une justice perçue comme équitable (39 %), le respect des règles communes (39 %) et la réduction des inégalités (31 %). Éclairer le débat public à l’approche de 2027

À quelques mois de l’élection présidentielle, le Pacte du pouvoir de vivre et la Fondation Jean-Jaurès souhaitent, avec ce premier baromètre, contribuer à une meilleure compréhension de la situation du pays, à hauteur de ce que vivent nos concitoyennes et nos concitoyens, en rendant visibles les difficultés que les indicateurs traditionnels ne permettent pas toujours de saisir.

À travers cette publication, les deux organisations entendent interpeller les
responsables politiques. Dans un premier temps en vue du Projet de loi de Finances et du PLFSS afin qu’il soit débattu au regard de ces réalités vécues. Ensuite dans le cadre de l’élection présidentielle de 2027, pour que les candidates et les candidats se saisissent de cette grille de lecture et que le débat des prochains mois soit connecté à la réalité du pays et que les réponses apportées soient à la hauteur des enjeux qui comptent vraiment pour nos concitoyennes et nos concitoyens.

Lien vers le Baromètre

Paris, le 4 novembre 2026